Actualités (36)*

 14 et 15 janvier 2025 : articles du Monde


Faute de majorité

À l'Assemblée mi-janvier

Sans aucun budget voté

Pile à deux mois de passer

Les concours des certifiés

Premier et second degré

Nouvellement réformé

(La mouture remaniée

Toujours pas entérinée...)

Les étudiants de l'INSPE

Craignent que ces deux années

D'étude rémunérées

Et nouveaux postes créés

Ne soient donc pas financés

Et que le concours de fait

Soit in fine annulé


Déjà stressés et inquiets

À l'approche du CAPÉ

Tous en train de réviser

Pour l'admissibilité

Les inscrits interrogés

Se disent démotivés

Au mieux désillusionnés

D'être déconsidérés

Au pire ils ont décidé

Simplement d'abandonner

L'idée même d'enseigner


Pas encore licenciés

Avant d'être certifiés

Du MEN. déjà dégoûtés

Avant même d'y entrer

Ils en sont pré-licenciés

Tels des décrocheurs scolaires

Qui fuiraient leur ministère


* poème monorime


Demande d'exécution (3)

08 janvier 2026, sur Télérecours Citoyen :


Trois ans et demi après

Je suis à recommencer

Ma demande d'exécution

De l'arrêt d'annulation

De ma seconde radiation

Des fonctions de direction


Six pages de copier-coller

Pour qu'enfin soit appliquée

Ma pleine réintégration

Dans le corps de direction

Près de sept années après

En avoir été radié


Même forme et même fond

Seul l'historique est plus long

Redite encore et encore

Des mêmes mensonges tords

Refus d'application faux

Dénis de justice s'il faut


Encore huit heures passées

À devoir bien justifier

Les salaires réclamés

Primes et indemnités

Sus les intérêts légaux

Et les dommages à l'ego


Je rédige en punition

Enchaîné en damnation

À ce putain de dossier

Sans issue à espérer

Qu'un jour ils soient condamnés

À payer les arriérés


Une journée de perdue

Consacrée à cette foutue

Guerre de tranchées sans fin

Dégoûté jusqu'à plus faim

À vomir sur mon écran

Mon mépris des mécréants


Comme Sisyphe poussant

En son divin châtiment

Son rocher jusqu'au sommet

Du pic qui va retomber

En bas encore et toujours

Jusqu'à la fin de ses jours

Cent mille heures

 22 octobre 2025 : 4167ième jour


Cent mille heures

Temps passé

À bosser

Trente-huit heures

Cinq jours sur

Sept  C'est dur


Quatre mil cent soixante-

Sept jours pour moi d'attente


Cent mille heures

Douze pourcent

De sa vie

Au labeur

Pour l'argent

Plus qu' l'envie


Douze années cumulées

Épargnées ou volées ?


Cent mille heures

Net au taux

D' neuf euro

Quarant' l'heure

Smic horaire

De misère


Douze années de perdues

Ne se retravaill'nt plus


Cent mille heures

Sans bosser

Ressasser

Ses douleur

Et colère

Presque en guerre


C'est c' que ça m'a coûté

Oui à n'en pas douter


Cent mille heures

De combat

Pour mes droits

Mon malheur

Leur fiasco

En rétro


C'est c' que vous m'avez pris

Perdu ! Tant mieux tant pis

Un sur mille


Je suis le un sur mille

T'as tapé dans le mille

Avec moi gros débile !

Je vais te fair' payer

Pour tous les neuf cent quatre-

Vingt-dix-neuf ou presque autres

Épouses délaissées

Trompées abandonnées


T'as tiré le gros lot

Avec moi gros ballot !

Je t'avais dit que je

Gagnerais à ce jeu

Tu pensais m'épuiser

Que j'abandonnerais

Las ! Le juge a tranché

Maint'nant tu vas raquer !


D'antan tu m'as nié

Le droit de divorcer

À l'amiable taré !

Tu vas me rembourser

Six années de pension

Alimentair' pour mes

Goss's et de réversion

Pour ton ex bafouée


Je garde les enfants

Le fric l'appartement

Une femme battue

Violentée – le sais-tu? –

Est comme un animal

Sauvag' rendu féral

Elle attrape la rage

Et la r'file en outrage


Tu pouvais le comprendre

Tu vas devoir l'apprendre

Même au MEN. le servage

De suzerains-recteurs

Et le droit de cuissage

De seigneurs-directeurs

À l'ère post #metoo

On n'en veut plus du tout

Cassation (5)

 20 octobre 2025 : par lettre RAR


Las comme je ne m'y attendais pas

La troisième chambre du Conseil d’État

Accepte le pourvoi en cassation

Du bon ministre de l’Éducation

Nationale en cassant la décision

Prise par la C.A.A. de Lyon

(Reconnaissant le droit à un stagiaire

Fonctionnaire à une double carrière

Tant que détaché) et renvoie l'affaire

Devant cette même juridiction

Qui devra réviser sa décision


Je viens de perdre une bataille

Juridique et surtout deux ans

Mais perdre n'est plus qu'un détail

Pour gagner salarialement

Depuis le temps que je feraille

Le temps n'est plus que de l'argent

Du nouveau (12)

 12 octobre 2025 : remplacement d'Élisabeth Borne par Édouard Geffray


Après moins d'un an en fonction

Et le refus de la confiance

Accordée au gouvernement

Une nouvelle démission

Dans un contexte de défiance

Vis à vis de nos gouvernants


La nomination d'un nouveau

Ministre à la tête du MEN.

À peine neuf mois et demi

Après sa prédécesseuse Oh !

Ici ce n'est que le septième

En moins de trois ans et demi


Déjà virée de son lycée

Six semaines après la rentrée

Sans qu'un C.D.E.* ne l'écorne

Elle a dû dépasser la borne


    * Conseil de discipline de l'établissement

L'Administration


L'Administration

C'est un numéro de dossier

Sous un objet référencé

Une lettre standardisée

Aux formules normalisées


L'Administration

C'est un dossier papier qui s'est

Malencontreus'ment égaré

Entre deux bannett's à trier

De servic's à couteaux tirés


L'Administration

C'est un formulaire à remplir

Un énièm' papier à fournir

Pour la ixième fois joint à

Votre demand' mais dans ce cas


L'Administration

C'est une erreur informatique

Un inexpliqué bug critique

Qui a effacé votre dossier

Qu'il va falloir recommencer



L'Administration

C'est l'annuair' téléphonique

Sur répondeur automatique

D'insupportabl's musiqu's d'attente

Pendant que pour rien on patiente


L'Administration

C'est un message enregistré

Qui ne permet pas d'en laisser

Mais Pour contacter tel service

Appuyez sur la touche X


L'Administration

C'est tout le monde et c'est personne

Lorsque le téléphone sonne

Des fonctionnaires injoignables

Donc en aucun cas responsables


L'Administration

C'est quand enfin quelqu'un décroche

Je vous le pass' Restez en ligne

Et quand le téléphon' raccroche

Une erreur d'aiguillage Guigne !


Car quand il s'agit d'assumer l'erreur

Grossière commis' sans possible erreur

Notre service n'est pas à la faute

Si ce n'est pas nous c'est sûrement l'autre

Pas d'enquête interne ni de sanction

Nulle accusation d' prévarication

Dans l'Administration



L'Administration

C'est une lettre un numéro

De référenc' sous un logo

Avec un badg' sur un agent

On n'en a pas pour son argent


L'Administration

C'est des dossiers qui pour l'instant

Sont toujours en cours de trait'ment

Des musiques de sall' d'attente

Et non conversations patentes


L'Administration

C'est un site web par service

Pour chaque acte administratif

Des sous-sols plein de rayonnages

De vieux dossiers en archivage


L'Administration

C'est des applis incompatibles

Entre des servic's infongibles

Qui sont toujours en maintenance

Pendant les week-end et vacances



L'Administration

C'est un service une section

Un chef une sous-direction

Bâtiment C étage quatre

Couloir droit bureau quarant'-quatre


L'Administration

Ce n'est pas un nom un prénom

Juste un tampon une fonction

Ce n'est pas je ou nous mais on

En d'impersonnell's relations


L'Administration

C'est madame A qui en congé

Est remplacée par monsieur B

Qui n'est lui pas habilité

À décider pour monsieur C


L'Administration

C'est des décisions appliquées

Par des agents non impliqués

Dans une impersonnalité

Toute irresponsabilisée


Mais quand il s'agit de récupérer

Le fruit d'un travail commun les lauriers

Y a toujours un nom cité en premier

Un chef de service congratulé

Recevra en prime sa promotion

Avec toutes les félicitations

De l'Administration

Réorientation (16)

 30 septembre 2025 :


Suite à bilan de compétence

Et quatre rendez-vous à France

Travail avec mes conseillère

Et psychologue de carrière

Et des dizaines de C.V.

Et lettres à m'écrire motivé

Compétent avenant dispo

En réorientation pro

De prof de maths et de dirlo

Je dégote des petits boulots

Il est vrai juste alimentaires

De travailleur intérimaire

Payé à l'heure au SMIC à faire

La signalisation routière

Ouvrier manœuvre en T.P.

Inventoriste jusqu'à pré-

Parateur de commande à pied

En entrepôt en intérim

Sur contrat long

C'est pas la frime

De décharger des camions pour

Juste un SMIC sept heures par jour

Vider des caisses de capots

Et châssis de bus IVECO

Ouvrir vider trier compter

Classer ranger étiqueter

Pour remplir des caisses en plastique

De composants électroniques

Pour les batteries électriques


Ça peut paraître répétitif

Peu valorisant instructif

Mais plus que d'éduquer des veaux

Tout l'an à bourrer leurs cerveaux

De mathématiques dont ils

Ne feront jamais rien d'utile


Puis au moins ça me fait marcher

Et me permet de patienter

Jusqu'au jugement du Conseil

D’État que je touche l'oseille

Qui m'est dû depuis si longtemps

Du temps de mon boulot d'avant

Et récupère des fonctions

Suite à réorientation


Et ma foi bosser comme un con

Vaut mieux que bosser pour des cons

Une tâche qui a un sens

Mieux que les taches des instances

Un objectif industriel

Que des décrets ministériels

Cassation (4)

 25 septembre 2025, 9h30 :


La troisième chambre du conseil d’état

Se réunit en audience publique

Ce matin où le rapporteur public

Rappelle les règles de droit en l'état

Applicables donc la jurisprudence

Arguments échangés et circonstances

Du litige expose ses conclusions

Propose à l'affaire la solution

Lui paraissant la plus appropriée

Puis une fois l'audience terminée

Il laisse (ou pas) les juges seuls juger


Deux trois semaines après délibéré

Le Conseil d’État rendra son arrêt

En tout ou partie semblable au premier :

Il décide du rejet du pourvoi

Ou casse l'arrêt pris selon la loi

En validant le premier jugement

Légalisé ou bien en imposant

Une nouvelle délibération

Reportant encore la décision

De la Cour d'appel administrative :

La juste décision n'est point hâtive

Chanson d'automne

en hommage à Paul Verlaine


Sous le gibet des suicidés

J'irai clamer mes vers

À la mémoire de mes pairs

Qu'ils ont sans doute aidés

Par un harcèlement sans fin

Seuls face à l'unité

De leur autorité sans frein

En toute impunité


Devant l'hôtel de Rochechouard

Repaire des bourreaux

J'accuserai tous ces couards

Planqués sous leurs bureaux

Tous ces supérieurs qui ne valent

La corde pour les pendre

Harceleurs notoir's au travail

Sans aucun compte à rendre


Tout suffocants et blêmes quand

Sonnaillait le facteur

Pour un paraphe notifiant

Une mise en demeure

D'appliquer l'illégalité

D'un énième arrêté

Blessant leur cœur d'une langueur

Égale à leur rancœur


Les sanglots longs des violons

De leurs mensonges lus

Des mois durant des ans si longs

Ils n' les entendent plus

Je me souviens des jours anciens

D' ces agents et je pleure

Ces bonnes gens qui pour un rien

Ils ont fait sonner l'heure


Ces méprisants ces mauvais gens

Qui peuplent leurs travées

Ministériell's ces gens mauvais

Faquins intransigeants

Que le vent mauvais les emporte

Au loin ceux qui sévissent

Et pareils à la feuille morte

Qu'au fossé ils pourrissent


À tous ceux qui sont en hiver

Morts de froid dans la rue

Sous le porche du ministère

À quémander leur dû

Dédis l'ode vindicative

Cette épitaphe atone

Pour plaque commémorative

Qu'est ma chanson d'automne

Prologue

Prologue Malheureusement l’histoire contée Dans ces pages avec objectivité (Les lettres mails et propos rapportés Entre guillemets pour en ...